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La bĂ©quille qui empĂȘche de marcher : rĂ©apprendre Ă sentir ses appuis
Vivencia n°8 sur 33 du cycle Santé Intégrative. Biodanza hebdomadaire à Cugnaux, Toulouse et Gruissan.
Une béquille, c'est utile quand la jambe est cassée. Elle porte, elle soulage, elle permet d'avancer alors qu'on ne le pourrait pas seul.
Le problÚme n'arrive pas là . Il arrive plus tard, quand la jambe a guéri et qu'on garde la béquille. On ne marche plus vraiment, on s'appuie. Et à force de s'appuyer, la jambe oublie qu'elle sait porter.
Beaucoup de nos dépendances ressemblent à cela. Cette huitiÚme vivencia ne parle pas de les briser. Elle propose quelque chose de plus doux et de plus solide : réapprendre au corps à sentir sa jambe, ses appuis, sa force propre, pour que la béquille devienne, peu à peu, moins nécessaire.
Une béquille qui a rendu service
Il est important de le dire clairement, sans jugement : une dépendance commence presque toujours comme une solution. Elle a calmé une douleur, apaisé une angoisse, permis de traverser un moment que l'on ne savait pas traverser autrement. Elle a rendu service, un jour. C'est pour cela qu'on l'a gardée.
La regarder ainsi change tout. Ce n'est pas une faute morale, ni une faiblesse de caractÚre. C'est un appui que le corps a trouvé dans la douleur, et qu'il n'a jamais reposé.
Le problÚme n'est pas la béquille, c'est la jambe oubliée
Tant qu'on se concentre sur la béquille, on se trompe de combat. Ce qui compte, c'est la jambe.
Elle a calmé une douleur
Le psychiatre Bessel van der Kolk a montré combien le corps cherche, par tous les moyens, à retrouver un sentiment de sécurité quand il a été débordé. Certaines conduites deviennent des refuges parce qu'elles offrent, un instant, cet apaisement introuvable ailleurs. Le corps ne cherche pas à se détruire. Il cherche à tenir. Comprendre cela n'excuse rien, mais cela déplace la question, de la culpabilité vers le soin.
On ne retire rien sans donner autre chose
Voilà la clé de cette soirée. On ne prend pas une béquille à quelqu'un qui ne sent pas encore sa jambe. On l'aiderait seulement à tomber. La vraie voie est inverse : redonner d'abord au corps la sensation de ses propres appuis, de sa force, de sa capacité à tenir debout. Quand la jambe se sent solide, la béquille perd de son emprise.
Réapprendre à tenir debout
C'est exactement ce que propose une vivencia : une expĂ©rience oĂč le corps redĂ©couvre ses appuis, sans lutte et sans reproche.
Ce qui se passe dans la salle
La soirĂ©e rĂ©veille d'abord la sensation du sol et de la force. Une ronde pour se poser, une marche oĂč l'on sent chaque appui, le sol qui porte, puis une marche plus dĂ©terminĂ©e pour Ă©prouver qu'on peut tenir debout par soi-mĂȘme. Des danses qui libĂšrent le mouvement, jusqu'Ă un sommet oĂč l'on danse sa force, celle qui n'a besoin d'aucune bĂ©quille. Puis la deuxiĂšme partie ramĂšne l'Ă©coute. Un temps d'eutonie pour parcourir le corps et sentir, du dedans, ce qui tient debout. Le bercement, oĂč l'on se dĂ©pose. Et une danse Ă deux oĂč l'on s'appuie sur l'autre et oĂč l'on le soutient Ă son tour, Ă parts Ă©gales : un appui vivant, qui rend, quand une bĂ©quille, elle, ne rend rien.
Des appuis vivants, pas des béquilles
Le neurologue Antonio Damasio a montré que porter une attention douce à son corps développe l'interoception, cette perception fine de soi qui nous dit, de l'intérieur, que nous sommes présents et solides. C'est cette sensation-là que la vivencia réveille. Et le lien, le regard, le soutien mutuel d'un groupe offrent un autre type d'appui : non pas une béquille dont on dépend, mais une force vivante qui circule et qui rend plus fort.
Le fil d'Ariane des 33 vivencias
Nous avançons ensemble. à la n°1, la vitalité. à la n°2, l'écoute du corps. à la n°3, le rythme et le repos. à la n°4, la consolation autrement. à la n°5, les deux faims. à la n°6, la paix avec le corps. à la n°7, le plaisir sans le juge. Ce soir, à la n°8, nous réapprenons à sentir nos appuis, pour que les vieilles béquilles deviennent moins nécessaires.
Vous ĂȘtes ici, Ă la huitiĂšme Ă©tape sur 33. Le parcours va continuer d'explorer le manque et le lien, avant d'aborder la fatigue et l'Ă©lan, puis l'anxiĂ©tĂ© et les nuits, jusqu'Ă danser sa vie entiĂšre.
Ce que vous emporterez
En repartant de cette vivencia, vous emporterez une sensation précieuse : celle de vos propres appuis, de cette force qui, en vous, sait tenir debout. Ce n'est pas encore la fin d'une dépendance, mais c'est le sol sur lequel tout le reste peut se construire.
Ce travail est un accompagnement par le corps et le lien. En cas de dépendance installée, il ne remplace pas un suivi spécialisé, il vient en complément. Si vous traversez cela, je vous encourage à vous entourer d'un accompagnement adapté.
La fois prochaine, à la vivencia n°9, nous irons voir de plus prÚs ce manque qui, sous la dépendance, cherche en réalité quelque chose de vivant.
Vivre cette expérience
La Biodanza en sĂ©ance hebdomadaire a lieu Ă Cugnaux, Toulouse et Gruissan. Chaque sĂ©ance est ouverte, aucune expĂ©rience prĂ©alable n'est nĂ©cessaire, venez comme vous ĂȘtes.
Dominique Chausson, psychothérapeute et Professeur Didacticien de Biodanza. Psychothérapie Intégrative Biocentrique, La Spirale du Vivant.
