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Le plaisir sans le tribunal : rendre au plaisir son innocence

Le plaisir sans le tribunal : rendre au plaisir son innocence

DOMINIQUE CHAUSSON
·
Biodanza

Vivencia n°7 sur 33 du cycle Santé Intégrative. Biodanza hebdomadaire à Cugnaux, Toulouse et Gruissan.

Un enfant mange une fraise. Il ferme les yeux, il savoure, il ne se juge pas. Le plaisir est là, entier, sans commentaire.

Puis on grandit. Et peu à peu, chaque geste agréable se met à passer devant un tribunal intérieur.

Est-ce raisonnable. Est-ce permis. Vais-je le regretter.

Le juge s'installe, et il ne quitte plus la salle.


Cette septième vivencia propose de renvoyer le juge, le temps d'une soirée.

Non pas pour tomber dans l'excès, mais pour retrouver quelque chose de très simple et de très ancien : la capacité de savourer sans que le plaisir ait à se justifier.

Quand chaque plaisir passe au tribunal

Avec les années, le plaisir devient suspect. On l'entoure de conditions, on le mérite ou on le paie, on le surveille du coin de l'œil. Manger, se reposer, danser, ne rien faire, tout passe au crible d'une comptabilité intérieure.


Ce contrôle permanent a un coût. Un plaisir que l'on surveille cesse de faire ce pour quoi il existe. Au lieu d'apaiser, il inquiète.

Un plaisir surveillé n'apaise plus

Le plaisir n'est pas un luxe ni une récompense. C'est une fonction, un régulateur, un repère que le corps utilise pour savoir qu'il est en vie et en sécurité.

Le plaisir est un régulateur

Le neuroscientifique Kent Berridge a distingué deux systèmes que nous confondons souvent : celui qui pousse à vouloir, et celui qui permet d'aimer, de savourer réellement. Le plaisir sensoriel, celui du mouvement, du contact, de la lenteur, active ce second système, celui qui satisfait vraiment et qui apaise. Quand on coupe l'accès à ce plaisir simple, le corps perd un de ses repères de satisfaction, et il cherche ailleurs, souvent dans des compensations qui ne satisfont jamais.

La culpabilité ne se raisonne pas

On peut se répéter que l'on a le droit de savourer. Cela ne change pas grand-chose, car la culpabilité ne se dissout pas par le raisonnement. Elle se traverse par l'expérience. Il faut vivre un plaisir simple, sans conséquence, dans un cadre suffisamment sûr, pour que le corps réapprenne qu'il peut savourer sans danger.

Rendre au plaisir son innocence

C'est précisément ce que permet une vivencia : un espace protégé où le plaisir n'a rien à mériter ni à justifier.

Ce qui se passe dans la salle

La soirée réveille d'abord le plaisir du mouvement pour lui-même. Une ronde sans rien à prouver, une marche que l'on savoure pas à pas, une danse qui réveille en douceur la souplesse et la sensualité simple du corps, jusqu'à un sommet où l'on danse le plaisir de vivre, sans demander la permission. Puis la deuxième partie ouvre vers le plaisir partagé. Une fluidité qui ondule avec délice, une danse à deux tendre et pleine, sans arrière-pensée, un temps de contact enveloppant où l'on savoure la présence, puis le bercement, où l'on goûte simplement le plaisir d'être porté.

Un plaisir simple, dans un cadre sûr

Ce qui rend l'expérience possible, c'est le cadre. Le chercheur Francis McGlone a décrit ces voies de la peau dédiées au toucher lent et bienveillant, qui apaisent le système nerveux. Mais elles ne s'activent que si le corps se sent en sécurité. La vivencia offre exactement cela : un lieu où l'on peut savourer sans jugement, où le plaisir redevient ce qu'il était pour l'enfant à la fraise, une évidence tranquille.

Le fil d'Ariane des 33 vivencias

Nous avançons ensemble. À la n°1, la vitalité. À la n°2, l'écoute du corps. À la n°3, le rythme et le repos. À la n°4, la consolation autrement. À la n°5, les deux faims. À la n°6, la paix avec le corps. Ce soir, à la n°7, nous rendons au plaisir son innocence.


Vous êtes ici, à la septième étape sur 33. Le parcours va continuer d'explorer le manque et le lien, avant d'aborder la fatigue et l'élan, puis l'anxiété et les nuits, jusqu'à danser sa vie entière.

Ce que vous emporterez

En repartant de cette vivencia, vous emporterez un souvenir précieux dans le corps : celui d'avoir savouré quelque chose sans culpabilité, sans calcul, sans le juge. Ce souvenir devient une permission que le corps peut se redonner, un jour ordinaire, devant un plaisir simple.


La fois prochaine, à la vivencia n°8, nous regarderons ces appuis dont on croit avoir besoin pour tenir debout, ces béquilles qui, parfois, finissent par nous empêcher de marcher.


Vivre cette expérience

La Biodanza en séance hebdomadaire a lieu à Cugnaux, Toulouse et Gruissan. Chaque séance est ouverte, aucune expérience préalable n'est nécessaire, venez comme vous êtes.

Cartographier ma situation


Dominique Chausson, psychothérapeute et Professeur Didacticien de Biodanza. Psychothérapie Intégrative Biocentrique, La Spirale du Vivant.

Le plaisir sans le tribunal : rendre au plaisir son innocence | Dominique Chausson, Psychothérapie Intégrative à Toulouse