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La faim qui n'est pas dans le ventre : reconnaître la faim du cœur
Vivencia n°5 sur 33 du cycle Santé Intégrative. Biodanza hebdomadaire à Cugnaux, Toulouse et Gruissan.
Il y a deux faims. La première vient du ventre. Elle monte doucement, elle sait attendre, elle s'apaise dès qu'on la nourrit. La seconde arrive d'un coup, pressée, exigeante. Elle veut quelque chose tout de suite, et rien de ce qu'on lui donne ne la rassasie vraiment. Cette seconde faim, ce n'est pas le ventre qui la ressent. C'est le cœur, qui s'est trompé de porte.
Vous connaissez peut-être ce moment : vous venez de manger, et l'envie revient déjà. Ce n'est pas de la gourmandise, ni un manque de discipline. C'est une faim qui cherche autre chose que de la nourriture. Cette cinquième vivencia apprend à reconnaître les deux faims, puis à nourrir celle qui a vraiment faim.
Vous venez de manger, et l'envie revient
Tant qu'on répond à cette seconde faim avec de la nourriture, on obtient le même résultat : un soulagement bref, puis le retour de la sensation. On mange, et le vide reste. On recommence, et il revient. Le problème n'est pas la volonté. Le problème est qu'on répond à une demande avec ce qui ne peut pas y répondre.
Deux faims, deux visages
Apprendre à les distinguer change déjà beaucoup de choses. Elles ne se ressemblent pas, quand on y prête attention.
La faim du ventre monte doucement
La vraie faim physiologique s'installe progressivement. Elle laisse le temps de choisir, elle accepte d'attendre un peu, et surtout elle s'arrête une fois le corps rassasié. C'est une faim qui a un début, un milieu et une fin.
La faim du cœur arrive d'un coup
La faim émotionnelle, elle, surgit brusquement. Elle est urgente, souvent liée à un moment précis, une contrariété, une solitude, une fatigue. Elle vise quelque chose de particulier, tout de suite, et elle ne s'apaise pas dans l'assiette, parce que ce qu'elle réclame n'y est pas. Ce qu'elle cherche, c'est du lien, de la présence, le sentiment d'appartenir. Les psychologues Roy Baumeister et Mark Leary ont montré que ce besoin d'appartenance est un besoin humain fondamental, aussi structurant que les besoins physiques. Quand il n'est pas nourri, le corps envoie un signal. Parfois, ce signal emprunte le chemin le plus court qu'il connaisse, celui de la nourriture.
Nourrir la vraie faim
On ne calme pas une faim de lien avec une meilleure assiette. On la calme avec un meilleur lien. C'est exactement ce que propose une vivencia.
Ce qui se passe dans la salle
La soirée réveille d'abord l'appétit de vivre, le vrai. Une ronde, une marche où l'on se laisse attirer vers les autres, la coordination à deux, la synchronisation du groupe, des danses qui libèrent l'élan, jusqu'à un sommet où la vie déborde et où chacun peut se montrer plein de vie. Puis la deuxième partie nourrit autrement. Vient un temps de contact enveloppant, où le groupe comble par la présence ce que la nourriture ne comble pas. Puis le bercement, où l'on se laisse porter comme un enfant rassasié, les rencontres où l'on se laisse nourrir par un regard, et une danse à deux où l'on donne autant qu'on reçoit.
Le lien nourrit là où l'assiette échoue
Ce que le corps éprouve alors n'est pas une consolation de remplacement, c'est la vraie réponse à la vraie demande. Le chercheur Francis McGlone a décrit ces fibres de la peau dédiées au toucher lent et bienveillant, qui apaisent le système nerveux en profondeur. Le psychologue Colwyn Trevarthen a montré combien un simple regard partagé nourrit le besoin de rencontre. Le contact, la présence, l'appartenance à un groupe touchent exactement l'endroit du manque. Et quand ce manque est nourri là où il se trouve, la fausse faim perd de sa force.
Le fil d'Ariane des 33 vivencias
Nous avançons pas à pas. À la n°1, la vitalité. À la n°2, l'écoute du corps. À la n°3, le rythme et le repos. À la n°4, la consolation autrement que par le sucre. Ce soir, à la n°5, nous apprenons à distinguer la faim du ventre de la faim du cœur, et à nourrir chacune là où elle se nourrit.
Vous êtes ici, à la cinquième étape sur 33. Le parcours va continuer d'explorer le corps et ses protections, avant d'aborder la fatigue et l'élan, l'anxiété et les nuits, puis le lien et le contact, jusqu'à danser sa vie entière.
Ce que vous emporterez
En repartant de cette vivencia, vous emporterez une capacité toute simple mais précieuse : celle de vous demander, au moment où l'envie surgit, quelle faim parle en vous. Et vous saurez, dans le corps, qu'il existe une autre façon de la nourrir.
La fois prochaine, à la vivencia n°6, nous regarderons le poids autrement, non pas comme un ennemi à combattre, mais parfois comme une protection que le corps a mise en place pour une bonne raison.
Vivre cette expérience
La Biodanza en séance hebdomadaire a lieu à Cugnaux, Toulouse et Gruissan. Chaque séance est ouverte, aucune expérience préalable n'est nécessaire, venez comme vous êtes.
Dominique Chausson, psychothérapeute et Professeur Didacticien de Biodanza. Psychothérapie Intégrative Biocentrique, La Spirale du Vivant.
