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Des années de thérapie par la parole et l'impression de tourner en rond
On peut faire des annĂ©es de thĂ©rapie par la parole et rester bloquĂ© parce que certaines empreintes sont stockĂ©es dans le corps et le systĂšme nerveux, hors de portĂ©e du seul langage. Inclure le corps ne remplace pas la parole : cela franchit le plafond oĂč elle s'arrĂȘte.
Je reçois souvent des personnes qui arrivent avec une forme de dĂ©couragement : « J'ai beaucoup travaillĂ© sur moi, j'ai compris Ă©normĂ©ment de choses, et pourtant je bute toujours au mĂȘme endroit. » Ce n'est pas un Ă©chec. C'est un plafond, et il a une explication.
Ce que la parole fait trĂšs bien
Mettre des mots sur ce qui Ă©tait confus, relier son prĂ©sent Ă son histoire, ĂȘtre entendu et reconnu : la parole accomplit un travail immense, et je ne l'oppose jamais Ă mon approche. Beaucoup de personnes ont, grĂące Ă elle, transformĂ© leur vie. Elle a une vraie puissance, et un vrai domaine.
LĂ oĂč la parole rencontre un plafond
Mais certaines empreintes ne sont pas verbales. Un état de figement, une alerte permanente, une réaction qui part avant la pensée, cela ne se dénoue pas seulement en en parlant, parce que cela n'a jamais été encodé sous forme de mots. C'est inscrit plus bas, dans le corps et le systÚme nerveux. On peut décrire parfaitement sa peur et continuer de la subir, exactement comme on peut lire la carte d'un pays sans jamais y poser le pied.
AprĂšs dix ans d'une psychanalyse rigoureuse, oĂč chaque Ă©vĂ©nement de sa vie avait Ă©tĂ© nommĂ©, compris et reliĂ© Ă son histoire familiale, une femme souffrait toujours d'une anxiĂ©tĂ© permanente qui la paralysait, avec le sentiment amer de tourner en rond dans un savoir qui ne changeait rien. La vraie bascule s'est produite le jour oĂč, fatiguĂ©e de raconter encore et encore la mĂȘme histoire, je l'ai invitĂ©e Ă laisser les mots de cĂŽtĂ© pour explorer la façon dont son bassin se verrouillait sur la table de travail. En traversant cette sensation physique de blocage par la respiration et le mouvement, son systĂšme nerveux a enfin pu relĂącher la peur ancienne restĂ©e prisonniĂšre du corps, lĂ oĂč aucune interprĂ©tation verbale n'avait jamais pu l'atteindre.
Témoignage anonymisé. Prénom et détails modifiés. Résultats individuels.
Inclure le corps, sans renier le chemin déjà fait
Il ne s'agit pas de tout recommencer, ni de disqualifier ce qui a Ă©tĂ© accompli. Le travail par la parole est souvent un socle prĂ©cieux. Il s'agit d'ajouter la dimension qui manquait : le ressenti, la rĂ©gulation du systĂšme nerveux, le mouvement intĂ©grĂ©. C'est prĂ©cisĂ©ment le rĂŽle de l'approche psychocorporelle au sein de la SantĂ© IntĂ©grative Biocentrique : reprendre lĂ oĂč la parole s'arrĂȘte, pour que la comprĂ©hension dĂ©jĂ acquise puisse enfin s'incarner.
Si vous avez le sentiment de tourner en rond malgrĂ© un vrai travail sur vous, ce n'est peut-ĂȘtre pas qu'il faut chercher plus loin dans les mots. C'est qu'il est temps d'inclure le corps.
