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Le lien plutĂŽt que le produit : le contraire de l'addiction, c'est la relation
Vivencia n°10 sur 33 du cycle Santé Intégrative. Biodanza hebdomadaire à Cugnaux, Toulouse et Gruissan.
Pendant longtemps, on a cru que le contraire de l'addiction, c'Ă©tait l'abstinence. ArrĂȘter, tenir bon, rĂ©sister. Toute l'attention se portait sur ce qu'il fallait supprimer. Or supprimer un manque sans rien mettre Ă la place laisse un trou, et un trou finit toujours par se remplir.
Des travaux plus rĂ©cents ont montrĂ© autre chose, et cette idĂ©e change tout. Le contraire de l'addiction, ce n'est pas l'abstinence. C'est le lien. Un ĂȘtre seul, coupĂ© des autres, cherche dans un produit ce qu'il ne trouve plus dans une prĂ©sence. Cette dixiĂšme vivencia ne parle pas de ce qu'il faut arrĂȘter. Elle rĂ©pare ce qui manquait vraiment : la relation.
On a cru que le contraire de l'addiction, c'était l'abstinence
Cette croyance a du sens en apparence. Si le problÚme est le produit, alors la solution serait de l'enlever. Mais l'expérience montre que retirer le produit sans rien changer d'autre laisse la personne face au vide qui, au départ, l'avait poussée vers lui. Le manque revient, plus fort, parce que rien n'a répondu à ce qui le nourrissait.
La vraie question n'est donc pas seulement comment arrĂȘter, mais qu'est-ce qui manquait.
Le contraire de l'addiction, c'est le lien
Quand on regarde ce qui manquait, on trouve presque toujours la mĂȘme chose : de la relation, de la prĂ©sence, un sentiment d'appartenir.
Ce que révÚlent les recherches
Le psychologue Bruce Alexander a montrĂ©, par ses travaux, que l'environnement et la qualitĂ© des liens pĂšsent bien plus lourd qu'on ne le croyait dans l'installation d'une dĂ©pendance. Un ĂȘtre isolĂ©, privĂ© de relations nourrissantes, est bien plus vulnĂ©rable. Un ĂȘtre entourĂ©, reliĂ©, engagĂ© dans une vie riche de prĂ©sences, l'est beaucoup moins. Ce n'est pas seulement le produit qui crĂ©e le problĂšme, c'est le vide relationnel autour de lui.
Un ĂȘtre reliĂ© a moins besoin de bĂ©quilles
La psychologue Sue Johnson a décrit combien le besoin d'un lien sécure reste vivant tout au long de la vie adulte. Ce n'est pas une faiblesse ni une dépendance affective, c'est un besoin fondamental, aussi réel que les besoins du corps. Quand ce besoin est nourri, quand on se sait relié et tenu, on a beaucoup moins besoin de béquilles. Le lien fait, en profondeur, ce que le produit ne faisait qu'imiter.
Réparer ce qui manquait
C'est le cĆur de cette vivencia : offrir une expĂ©rience concrĂšte de lien, dans un cadre sĂ»r, pour que le corps se souvienne de ce qu'une prĂ©sence apaise.
Ce qui se passe dans la salle
La soirĂ©e est reliĂ©e d'un bout Ă l'autre. Une ronde oĂč l'on se sait reliĂ©, une marche oĂč l'on se laisse attirer vers les autres, une coordination Ă deux oĂč l'on s'appuie l'un sur l'autre, la pulsation du groupe, jusqu'Ă un sommet oĂč l'on danse au centre, portĂ© par le regard de tous. Puis la deuxiĂšme partie rĂ©pare. Un temps de contact enveloppant oĂč le groupe apaise par la prĂ©sence, le bercement oĂč l'on se sait portĂ©, des rencontres oĂč l'on se laisse relier, et une danse Ă deux oĂč l'on goĂ»te l'apaisement que donne, simplement, une prĂ©sence.
Le lien apaise en profondeur
Ce que le corps Ă©prouve alors n'est pas une distraction. Le chercheur Francis McGlone a dĂ©crit ces voies de la peau, dĂ©diĂ©es au toucher lent et bienveillant, qui calment directement le systĂšme nerveux. Le neurologue Antonio Damasio rappelle que le corps rĂ©gule d'abord, et que la pensĂ©e suit. Le lien n'apaise pas parce qu'on se convainc qu'il est bon. Il apaise parce qu'il touche, dans le corps, l'endroit exact oĂč le manque cherchait sa rĂ©ponse.
Le fil d'Ariane des 33 vivencias
Nous avançons ensemble. Des trois derniĂšres soirĂ©es se dĂ©gage une mĂȘme vĂ©ritĂ© : sous la dĂ©pendance, il y a un besoin de vie et de lien. Ă la n°8, nous avons retrouvĂ© nos appuis. Ă la n°9, Ă©coutĂ© ce que le manque cherche. Ce soir, Ă la n°10, nous rĂ©parons ce qui manquait vraiment, la relation.
Vous ĂȘtes ici, Ă la dixiĂšme Ă©tape sur 33. Le parcours va maintenant s'ouvrir Ă un autre grand territoire : la fatigue et l'Ă©lan, puis l'anxiĂ©tĂ© et les nuits, avant le lien et le contact, jusqu'Ă danser sa vie entiĂšre.
Ce que vous emporterez
En repartant de cette vivencia, vous emporterez une expĂ©rience simple et forte : celle d'avoir Ă©tĂ© apaisĂ© par une prĂ©sence, et non par un produit. Ce souvenir devient une boussole. Il rappelle au corps oĂč chercher, la prochaine fois que le vide se fera sentir.
Ce travail par le lien vient en complément d'un suivi, jamais à sa place. Si vous traversez une dépendance, entourez-vous d'un accompagnement adapté.
La fois prochaine, Ă la vivencia n°11, nous changerons de territoire pour aborder une plainte trĂšs rĂ©pandue : cette fatigue qui, Ă©trangement, ne part pas mĂȘme aprĂšs une nuit de sommeil.
Vivre cette expérience
La Biodanza en sĂ©ance hebdomadaire a lieu Ă Cugnaux, Toulouse et Gruissan. Chaque sĂ©ance est ouverte, aucune expĂ©rience prĂ©alable n'est nĂ©cessaire, venez comme vous ĂȘtes.
Dominique Chausson, psychothérapeute et Professeur Didacticien de Biodanza. Psychothérapie Intégrative Biocentrique, La Spirale du Vivant.
