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Le poids comme protection : faire la paix avec son corps
Vivencia n°6 sur 33 du cycle Santé Intégrative. Biodanza hebdomadaire à Cugnaux, Toulouse et Gruissan.
Une femme a changé de silhouette l'année où elle s'est sentie en danger. Elle ne l'a pas décidé. Son corps, lui, avait pris une décision à sa place : construire un mur, se faire plus présent, plus enveloppé, pour la mettre à l'abri. Des années plus tard, elle se bat contre ce corps sans comprendre qu'il avait, un jour, cherché à la protéger.
Beaucoup de personnes vivent ainsi, en guerre avec leur propre corps. Cette sixième vivencia propose un autre regard. Elle ne parle pas de poids à perdre. Elle ne juge rien. Elle pose une question plus utile : et si le corps n'était pas un adversaire, mais un protecteur parfois maladroit ?
Et si le corps n'était pas un adversaire ?
Nous avons appris à regarder notre corps comme un objet à corriger, à discipliner, à faire rentrer dans un cadre. Dans cette guerre, le corps est toujours en tort. On lui reproche ce qu'il est, ce qu'il fait, ce qu'il garde.
Mais un corps ne fait jamais rien contre nous par hasard. Il réagit, s'adapte, cherche des solutions. Ce que nous prenons pour un défaut est souvent une réponse qu'il a trouvée pour tenir.
Le corps fait toujours quelque chose d'intelligent
C'est peut-être l'idée la plus libératrice de cette soirée : arrêter de lire le corps comme une faute, et commencer à le lire comme une intelligence.
Une protection, pas un défaut
Le psychiatre Bessel van der Kolk a montré, à partir de milliers d'histoires, que le corps garde la trace de ce qu'il a traversé, et qu'il met en place des protections pour survivre à ce qui l'a menacé. Ces protections ne sont pas des erreurs. Ce sont des solutions, choisies à un moment où elles étaient nécessaires. Le problème n'est pas qu'elles existent. Le problème est qu'elles restent en place longtemps après que le danger est passé.
Lui faire la guerre renforce la garde
Quand on attaque une protection de front, on obtient l'inverse de ce qu'on cherche. Un corps qui se sent jugé, contraint, menacé, renforce ses défenses. C'est logique : il perçoit une nouvelle menace, alors il se protège davantage. La lutte nourrit ce qu'elle voudrait faire disparaître.
Offrir au corps une autre sécurité
Si les protections viennent d'un manque de sécurité, alors la voie n'est pas de les combattre, mais de rendre au corps une sécurité vivante, à sa racine. C'est le cœur de cette vivencia.
Ce qui se passe dans la salle
La soirée réveille d'abord une force douce, celle qui vient de l'intérieur et non d'une armure. Une ronde où l'on se sait accueilli tel qu'on est, une marche pour habiter chaque partie du corps sans le juger, des danses qui font monter une puissance sans dureté, jusqu'à un sommet où l'on danse cette force sans avoir besoin de se protéger. Puis la deuxième partie ramène l'écoute et la sécurité. Un temps d'eutonie pour réhabiter le corps avec bienveillance, la fluidité qui dépose les tensions de défense, un temps de contact où la sécurité vient du groupe, un bercement où l'on peut enfin lâcher la garde, et des rencontres où l'on se laisse voir sans se cacher.
Quand le corps se sent en sécurité, il relâche
Stephen Porges l'a décrit avec la neuroception : quand le système nerveux perçoit enfin un environnement sûr, il abaisse ses défenses de lui-même, sans qu'on ait à le lui ordonner. Un corps qui se sent vraiment en sécurité n'a plus autant besoin de ses vieilles protections. Elles deviennent moins nécessaires, non parce qu'on les a combattues, mais parce que ce qu'elles protégeaient est enfin en paix.
Le fil d'Ariane des 33 vivencias
Nous avançons pas à pas. À la n°1, la vitalité. À la n°2, l'écoute du corps. À la n°3, le rythme et le repos. À la n°4, la consolation autrement. À la n°5, distinguer les deux faims. Ce soir, à la n°6, nous faisons la paix avec un corps qui, longtemps, a cherché à nous protéger.
Vous êtes ici, à la sixième étape sur 33. Le parcours continuera d'explorer le plaisir, le manque et le lien, avant d'aborder la fatigue et l'élan, puis l'anxiété et les nuits, jusqu'à danser sa vie entière.
Ce que vous emporterez
En repartant de cette vivencia, vous n'emporterez pas une solution miracle. Vous emporterez un changement de regard, souvent plus puissant : la possibilité de considérer votre corps comme un allié qui a fait de son mieux, et non comme un ennemi. C'est à partir de cette paix, et non de la lutte, que les choses peuvent bouger.
Ce travail est un accompagnement par le mouvement et le lien. En cas de souffrance importante autour du corps ou de l'alimentation, il ne remplace pas un suivi spécialisé, et je vous encourage à en parler à un professionnel de santé.
La fois prochaine, à la vivencia n°7, nous irons vers le plaisir, celui que l'on s'autorise ou que l'on s'interdit, et nous poserons une question simple : et si le plaisir n'avait pas à passer devant un tribunal ?
Vivre cette expérience
La Biodanza en séance hebdomadaire a lieu à Cugnaux, Toulouse et Gruissan. Chaque séance est ouverte, aucune expérience préalable n'est nécessaire, venez comme vous êtes.
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Dominique Chausson, psychothérapeute et Professeur Didacticien de Biodanza. Psychothérapie Intégrative Biocentrique, La Spirale du Vivant.
