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Diastole et systole : la loi oubliée du rythme vivant
Vivencia n°3 sur 33 du cycle Santé Intégrative. Biodanza hebdomadaire à Cugnaux, Toulouse et Gruissan.
Une vague ne peut pas monter sans redescendre. Le cœur ne bat que parce qu'il se contracte, puis se relâche. Le souffle entre, puis ressort. Rien de vivant ne monte sans revenir. Et pourtant, nous voulons monter tout le temps.
Nous appelons cela tenir le rythme. En réalité, c'est l'inverse. Un rythme suppose un creux entre deux crêtes. Une montée continue, sans jamais de descente, n'est plus un rythme, c'est une ligne qui grimpe jusqu'à ce que le corps tombe d'épuisement. Cette troisième vivencia touche à la loi la plus simple et la plus oubliée du vivant : tout est alternance.
Nous voulons monter tout le temps
La vie moderne valorise l'élan, la performance, la disponibilité permanente. Le repos, lui, est souvent vécu comme une faute, un temps perdu, quelque chose à rattraper. On tient, on tient encore, et l'on porte comme un titre de gloire le fait de ne jamais s'arrêter.
Le problème est que le corps, lui, ne fonctionne pas ainsi. Il n'a jamais fonctionné ainsi. Il connaît une autre loi, plus ancienne que toutes nos exigences.
Le vivant est fait d'alternance
Cette loi n'a rien de mystique. Elle est inscrite dans chaque battement.
Le cœur, le souffle, les saisons
Le cœur vit d'un double temps. La systole, la contraction, propulse le sang. La diastole, le relâchement, laisse le cœur se remplir à nouveau. L'une ne va pas sans l'autre. Un cœur qui resterait contracté ne serait pas un cœur puissant, ce serait un cœur arrêté. Le souffle obéit à la même règle, les saisons aussi, l'énergie d'une journée également. Partout, le plein appelle le vide, et le vide prépare le plein.
Une vie sans diastole s'épuise
Quand la descente disparaît, quelque chose se dérègle. Le système nerveux reste en tension, même au repos. Le sommeil devient léger, haché, peu réparateur. La fatigue s'installe et ne part plus, y compris après une nuit entière. Ce n'est pas un manque de volonté, c'est un rythme cassé. Le neurophysiologiste Peter Levine l'a montré : c'est l'alternance entre la tension et le relâchement qui régule l'organisme. Sans relâchement, la régulation ne se fait plus.
Réapprendre la vague
On ne se convainc pas de se reposer par un raisonnement. On réapprend l'alternance en la vivant, dans le corps, jusqu'à ce qu'elle redevienne évidente.
Ce qui se passe dans la salle
La première partie de la soirée épouse la systole. Le corps entre dans le rythme, prend de la force, des appuis fermes, des mouvements pleins, dans des danses yang qui montent en puissance jusqu'à un sommet où la voix peut même se joindre au geste. Puis vient le grand basculement. La deuxième partie est toute diastole. Le corps s'ouvre, s'étire, se répand dans l'espace, la fluidité prend le relais, la respiration ralentit jusqu'au presque immobile, et le groupe se laisse bercer comme la vague qui va et vient sans effort. À deux, enfin, l'alternance se partage : quand l'un se rassemble, l'autre s'ouvre, comme deux respirations qui se répondent.
La descente n'est pas un arrêt
Voilà ce que le corps réapprend ce soir-là : la descente n'est pas une panne, c'est une régénération. Le médecin Herbert Benson a décrit la réponse de relaxation, cet état physiologique précis où le rythme cardiaque baisse, où la tension retombe, où le corps se répare. Se reposer n'est pas cesser de vivre. C'est laisser la vie se refaire, pour pouvoir remonter ensuite.
Le fil d'Ariane des 33 vivencias
Nous avançons pas à pas. À la vivencia n°1, nous avons réveillé le sentiment d'être vivant. À la n°2, nous avons réappris à écouter ce que le corps dit. Ce soir, à la n°3, nous lui rendons sa loi la plus fondamentale : l'alternance de l'effort et du repos.
Vous êtes ici, à la troisième étape sur 33. La suite du parcours vous mènera à regarder autrement le rapport à la nourriture et à la consolation, puis la fatigue et l'élan, l'anxiété et les nuits, le lien et le contact, jusqu'à traverser les saisons du changement et danser sa vie entière. Chaque vivencia s'appuie sur les précédentes.
Ce que vous emporterez
En repartant de cette vivencia, vous emporterez une autorisation que beaucoup ont perdue : celle de redescendre. Non pas la culpabilité du temps perdu, mais la mémoire corporelle d'une descente qui répare, aussi précieuse que la montée.
La fois prochaine, à la vivencia n°4, nous regarderons en face une habitude que ce déséquilibre installe presque toujours : le geste vers le sucre, non pas comme un aliment, mais comme une consolation.
Vivre cette expérience
La Biodanza en séance hebdomadaire a lieu à Cugnaux, Toulouse et Gruissan. Chaque séance est ouverte, aucune expérience préalable n'est nécessaire, venez comme vous êtes.
Dominique Chausson, psychothérapeute et Professeur Didacticien de Biodanza. Psychothérapie Intégrative Biocentrique, La Spirale du Vivant.
