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Le sucre et la consolation : quand on mange pour se réconforter
Vivencia n°4 sur 33 du cycle Santé Intégrative. Biodanza hebdomadaire à Cugnaux, Toulouse et Gruissan.
Un enfant pleure dans un supermarchĂ©. Sa mĂšre, dĂ©bordĂ©e, lui glisse un bonbon. Il se tait aussitĂŽt. Ă cet instant prĂ©cis, son corps vient d'apprendre quelque chose de simple et de durable : le sucrĂ© console. Trente ans plus tard, le mĂȘme homme ouvre le placard Ă dix heures du soir, sans avoir faim. Il ne cherche pas Ă manger. Il cherche Ă se consoler.
Nous connaissons presque tous ce geste. Il n'a rien à voir avec la faim, ni avec un défaut de volonté. C'est une mémoire du corps qui se rejoue. Cette quatriÚme vivencia ne parle pas de régime. Elle propose au corps une autre maniÚre de trouver du réconfort.
Vous n'avez pas faim, et pourtant vous ouvrez le placard
C'est souvent le soir, quand la journĂ©e retombe et que la fatigue affleure. Ou dans un moment de tension, de solitude, d'ennui. La main va vers le sucrĂ© avant mĂȘme que la pensĂ©e ait dĂ©cidĂ© quoi que ce soit. Puis vient parfois la culpabilitĂ©, qui n'arrange rien et prĂ©pare le geste suivant.
Se juger ne change pas grand-chose. Comprendre ce que le corps réclame, en revanche, ouvre une autre porte.
Le sucre ne nourrit pas, il console
DerriÚre l'envie de sucre, il y a rarement un besoin alimentaire. Il y a une demande de douceur, d'apaisement, de réconfort. Le sucre est simplement le chemin le plus court que le corps a appris.
Une mémoire apprise trÚs tÎt
Le neuroscientifique Kent Berridge a montrĂ© que le cerveau distingue deux choses que nous confondons : le fait de vouloir et le fait d'aimer. Le circuit du vouloir, celui qui pousse vers l'objet, peut s'emballer bien au-delĂ du plaisir rĂ©el qu'il procure. C'est pour cela que l'on peut se jeter sur quelque chose sans mĂȘme le savourer. Le sucrĂ© active ces circuits, tĂŽt et fort. Ce n'est pas de la faiblesse, c'est un apprentissage prĂ©coce, inscrit dans le corps avant les mots.
Sous l'envie, une demande de douceur
Quand on Ă©coute vraiment ce moment, on trouve souvent autre chose que la faim : le besoin d'ĂȘtre apaisĂ©, contenu, rĂ©confortĂ©. Le sucre rĂ©pond Ă cette demande, mais mal et pour un instant. La demande, elle, reste entiĂšre. Elle revient.
Offrir au corps une autre consolation
On ne se libĂšre pas d'une consolation en se l'interdisant. On s'en libĂšre en donnant au corps d'autres façons d'ĂȘtre consolĂ©, tout aussi concrĂštes, et bien plus nourrissantes.
Ce qui se passe dans la salle
La soirĂ©e monte d'abord dans la joie. Une ronde pour retrouver la chaleur du cercle, une marche, une coordination Ă deux, la synchronisation du groupe, puis des danses rythmiques qui rĂ©veillent l'Ă©lan, jusqu'Ă un sommet joyeux oĂč chacun peut venir danser au centre. Puis la deuxiĂšme partie s'ouvre vers le rĂ©confort. Vient un temps de contact enveloppant, oĂč le groupe console par la prĂ©sence et la douceur, cette autre consolation qui ne se mange pas. Puis le bercement, oĂč l'on ne porte plus rien tout seul, les rencontres, le regard rĂ©chauffĂ©, et la ronde finale.
La peau console aussi
Ce que le corps dĂ©couvre ce soir-lĂ , il ne l'apprend pas dans un livre, il le vit. Le chercheur Francis McGlone a mis en Ă©vidence des fibres nerveuses spĂ©cifiques de la peau, les affĂ©rences tactiles C, dĂ©diĂ©es au toucher lent et bienveillant, qui apaisent directement le systĂšme nerveux. Le pĂ©diatre Donald Winnicott parlait, lui, du holding, cette sĂ©curitĂ© ancienne que l'on retrouve Ă ĂȘtre portĂ© et contenu. Le contact, la chaleur d'un groupe, le bercement, offrent au corps exactement ce qu'il cherchait dans le placard, mais sous une forme qui, elle, le nourrit vraiment.
Le fil d'Ariane des 33 vivencias
Nous avançons ensemble. à la n°1, nous avons réveillé la vitalité. à la n°2, l'écoute du corps. à la n°3, le rythme de la vague et le droit au repos. Ce soir, à la n°4, nous regardons en face une consolation devenue automatique, et nous en ouvrons d'autres.
Vous ĂȘtes ici, Ă la quatriĂšme Ă©tape sur 33. Les prochaines vivencias continueront d'explorer le rapport Ă la nourriture et au manque, avant d'aborder la fatigue et l'Ă©lan, l'anxiĂ©tĂ© et les nuits, puis le lien et le contact, jusqu'Ă danser sa vie entiĂšre. Chaque soirĂ©e s'appuie sur la prĂ©cĂ©dente.
Ce que vous emporterez
En repartant de cette vivencia, vous emporterez une expérience trÚs simple, mais qui change la donne : le souvenir dans le corps d'avoir été réconforté autrement que par le sucre. Ce souvenir devient une ressource, quelque chose que le corps peut rechercher à son tour, un soir de tension.
La fois prochaine, à la vivencia n°5, nous irons voir de plus prÚs cette faim qui n'est pas dans le ventre, celle qui pousse à remplir un vide qui n'est pas alimentaire.
Vivre cette expérience
La Biodanza en sĂ©ance hebdomadaire a lieu Ă Cugnaux, Toulouse et Gruissan. Chaque sĂ©ance est ouverte, aucune expĂ©rience prĂ©alable n'est nĂ©cessaire, venez comme vous ĂȘtes.
Dominique Chausson, psychothérapeute et Professeur Didacticien de Biodanza. Psychothérapie Intégrative Biocentrique, La Spirale du Vivant.
